|
|
![]() |
![]() |
|
Réaction de René Marcel Sauvé
au texte de M. Paul-Émile Roy
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
transmis par
Robert Bertrand
samedi 14 juin, 2003 20:35
Nous autres Québécois
Il faut rompre le
«Pacte des temps de peste»
Paul-Émile Roy (Écrivain)
mai-juin 2003
Comment expliquer le refus des Québécois de parler de l’urgence de faire l’indépendance ? Comment expliquer le mutisme qu’ils s’imposent au sujet de l’iniquité du rapatriement de la Constitution en 1982 ? Comment expliquer leur refus de parler des problèmes qui les affectent et empoisonnent leur vie ? C’est dans Bernanos que j’ai trouvé la réponse à cette question. Quand un peuple est menacé d’étouffement, quand il est dépassé par la situation, quand il n’a plus la force de réagir, il fait le «Pacte des temps de peste : Y penser le moins possible et n’en jamais parler».
Il y a eu la Conquête. Il y a eu l’écrasement des Patriotes en 1838 et l’Acte d’Union que nous a légué dans le mépris Lord Durham. Il y a eu la Confédération, en 1867, qu’on a instituée sans qu’il y ait de référendum, sans que le peuple soit consulté. Il y a eu le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. Ce fut un affront hideux fait aux Québécois, une violation flagrante du sens démocratique le plus évident, un geste qui a été condamné solennellement par l’Assemblée nationale. Or, ce qui est invraisemblable, c’est qu’il ne convient plus de parler de ce coup de force du Canada contre le Québec, qu’il faut tourner la page comme si rien ne s’était passé, comme si le problème était réglé. J’essaie de comprendre pourquoi nous nous conduisons comme si Pierre Elliott Trudeau aidé de son homme de main Jean Chrétien, en 1982, ne nous avait jamais imposé le rapatriement unilatéral de la Constitution. Est-ce parce que nous ne voulons pas vivre avec la pensée d’avoir été roulés une fois de plus ? Est-ce parce que nous serions comme quelqu’un qui est affecté d’une maladie grave mais qui aime mieux ne pas y penser, qui pense à autre chose en attendant de mourir ? Trudeau avait déclaré avant le référendum : nous mettons notre tête sur le billot, si vous votez non, nous promettons au Québec qu’il y aura des changements. Les Québécois avaient compris que si le non l’emportait, Trudeau reconnaîtrait au Québec un statut amélioré dans le Canada. Les Québécois le croient, ils votent non. Trudeau l’emporte, il se tourne de bord, comme on dit, et rapatrie la Constitution, au grand mépris des revendications séculaires et légitimes du Québec.
Les Québécois sont déçus, on le serait à moins. Mais voilà que d’autres démarches sont entreprises. Ce sera la grande foire du lac Meech, de Charlottetown. Cette fois le Canada anglais nous dit que nous n’avons rien à voir avec la Constitution du pays. Nous devons nous contenter de ce que nous avons. Bourassa nous trompe lui aussi. Il avait promis que si les Accords du lac Meech n’étaient pas acceptés, il tiendrait un référendum. À Dieu ne plaise. Le Canada anglais nous envoie promener une nouvelle fois. Bourassa, qui a 70 % des Québécois derrière lui, oublie ses engagements. Il n’y a pas de référendum. La vie continue comme avant. Les Québécois regardent cela d’un œil sceptique d’abord, puis ils s’y font, peu à peu, ils se résignent. Y a rien là ! Je n’arrive pas à comprendre cette résignation. Est-ce de la pusillanimité ? Ou de l’inconscience ? Pourtant nous ne sommes pas plus bêtes que d’autres. Nous qui respectons les autres, qui les accueillons avec tellement de chaleur et d’hospitalité, comment en arrivons-nous à ne pas tenir à ce qu’on nous respecte ? C’est peut-être parce que nous sommes habitués à vivre dans le mensonge, dans l’ambiguïté, dans ce que j’appellerais de fausses représentations. On nous parle, par exemple, des deux peuples fondateurs. Or, il n’y a pas deux peuples fondateurs au Canada. Il y en a un, et c’est la France. C’est Champlain, un Français, qui est le fondateur du Canada. En 1867, le Canada est réorganisé en fonction de la situation nouvelle. Ce n’est pas la fondation du Canada mais l’établissement de la Confédération. La Confédération est constituée de quatre provinces. Comment expliquer qu’après cette entente, la communauté anglaise ne cessera de persécuter les Canadiens français, de violer leurs droits linguistiques, par exemple ? Je m’explique mal – je me l’explique peut-être très bien – ce qui pousse les Anglais à violer les droits des Canadiens français. Qu’ont-ils à y gagner ? Au nom de quoi nous refusent-ils le droit d’être nous-mêmes ? Au nom de quoi veulent-ils nous imposer leur langue ? Au nom de quoi s’opposent-ils à ce que nous soyons indépendants ? De quel droit pourrais-je exiger que les gens d’un autre groupe national pense, vive, se conduise comme moi je le veux ? De quel droit refusent-ils que le statut du Québec dans la Confédération soit modifié de façon à ce que le Québec se sente à l’aise ?
J’ai mes idées sur la réponse à apporter à cette question, mais c’est à la question suivante que je veux m’intéresser. Comment les Québécois peuvent-ils accepter que d’autres leur dictent comment s’organiser, comment vivre, comment penser ? Et je reviens à mon interrogation : Comment expliquer que les Québécois ne veulent plus entendre parler du rapatriement de la Constitution ? Le problème n’est pourtant pas réglé. Ce qui était injuste et ignoble en 1982 l’est encore aujourd’hui. Mais on s’entend pour ne plus en parler. C’est une affaire du passé. Il faut tourner le dos, il faut oublier, passer à autre chose. Le problème n’est pas réglé, mais il faut faire comme s’il l’était. Les Mario Dumont, les Pierre Bourque, les Jean Charest ont proclamé qu’il fallait se tourner vers l’avenir. D’autres, des intellectuels, ont affirmé qu’il fallait en finir avec les comportements mélancoliques, qu’il fallait en finir avec le ressentiment, qu’il fallait entreprendre une démarche « dialogique ». Ces gens me font penser à un voyageur qui s’apercevrait qu’il a une crevaison mais qui au lieu de la réparer tenterait de l’oublier et continuerait le voyage comme si de rien n’était. Comment les Québécois peuvent-ils écouter ces imposteurs ?
Il y a certes dans notre conduite, une part de pusillanimité et d’inconscience, mais quand on a dit cela, on n’est pas allé au fond des choses. On n’a pas indiqué ce qui est la cause de notre misère, mais ce qui en est un effet. De même quand on dit que c’est la fatigue qui nous porte à renoncer à la lutte, à nous résigner au sort qui nous est fait, on met le doigt sur un vrai problème qui est lui aussi plus un effet qu’une cause. Les Québécois sont fatigués de lutter, et on les comprend. Depuis deux siècles et demi qu’ils luttent contre le plus puissant des Empires et qu’ils se font toujours rabrouer, qu’ils se font traiter de racistes et d’intolérants alors que ce sont eux qui sont victimes du racisme et de l’intolérance. On comprend que les Québécois soient fatigués, qu’ils soient tentés de démissionner parfois, de se résigner à leur sort.
Et pourtant ces explications ne me satisfont pas. Elles ne me font pas comprendre pourquoi les Québécois ne veulent plus entendre parler du rapatriement de la Constitution. Je dirais d’abord qu’une telle allégation est pernicieuse. Je ne suis pas sûr que les Québécois ne veulent pas entendre parler du rapatriement de la Constitution, mais c’est ce qu’on leur a mis dans la tête, c’est ce qu’on leur a fait croire. Si on leur exposait simplement, sérieusement et clairement le problème, je suis convaincu que les Québécois comprendraient que ce problème est sérieux et qu’il faut une bonne fois le régler.
Mais je vois deux raisons fondamentales qui expliquent notre attitude face au rapatriement de la Constitution. La première, et qui n’est toutefois pas la plus importante, c’est que nous vivons à une époque qui ne porte pas à prendre en considération les problèmes comme celui qui nous concerne. Le rapatriement de la Constitution est un problème qui est essentiellement historique, qui concerne le redressement du passé et la garantie de l’avenir. Or notre époque n’a d’attention que pour l’actualité. Les Québécois comme les autres sont happés par le culte des vedettes, je ne dirais pas par les sports mais par les nouvelles sportives. Ils sont happés par le présent, un certain présent, par le sensationnel, par tout ce qui fait du bruit. Ce qui s’est passé hier, ce qui se passera demain n’attire pas leur attention. Et les médias le savent, et les « politiciens » aussi. Je parle des « politiciens » qui ne font pas de la politique mais de la « politicaillerie ». Ces gens-là, ils se soucient surtout de s’arranger pour empêcher les gens de penser. Ils sont obsédés par les sondages. Cela les dispense d’avoir des idées, des programmes politiques. Et les médias les maintiennent dans cette inconscience car pour eux, ce qui compte, c’est la cote d’écoute. L’indépendance des Québécois a contre elle les médias. Les médias cultivent l’immédiat. Et bien plus, ils tablent sur le penchant de l’être humain à ce qui est le plus bas en lui, le plus servile, le moins indépendant, le moins souverain, le plus dégradant. Il y a des gens, et ils sont nombreux, qui s’enrichissent avec la commercialisation de la bêtise. Le passé, l’avenir, le rapatriement unilatéral de la Constitution, qu’est-ce que ça vient faire dans la foire ? Les Québécois ne sont pas intéressés par le passé et l’avenir, ils sont tout absorbés par le présent. Ils vivent dans l’instant, dans le présent. Un présent qui ne vient de nulle part et qui ne va nulle part. Un présent qui est une espèce de somnolence oisive, instinctive, débranchée.
Je dirais qu’il y a deux sortes de Québécois : ceux qui sont à la retraite, et ceux qui ont hâte de prendre leur retraite, pour jouer au golf. Alors le rapatriement unilatéral de la Constitution, vous comprenez, ce n’est pas très palpitant. On ne discute pas du rapatriement unilatéral de la Constitution sur un terrain de golf. Ça ne conviendrait pas ! Ça détonnerait dans le décor. On va jouer au golf pour oublier ses problèmes, pour oublier le passé et l’avenir, pour se replier tout entier dans l’instant, avec ses copains, autour de la petite boule blanche qui promet le paradis.
Les Québécois ne s’intéressent pas au passé et au futur. Ils sont enfermés dans le présent. Un présent qui vient de nulle part et qui ne va nulle part. Un présent de retraité, c’est-à-dire un présent qui est en retrait, en retrait du mouvement qui va du passé vers l’avenir. Un présent qui est de l’immédiat, c’est-à-dire un présent replié sur lui-même. C’est ce qu’on appelle l’actualité. Les Québécois vivent dans l’actualité. Ils n’ont même pas le temps de déchiffrer l’actualité, d’assimiler les milliers de messages qui les assaillent, qui tombent sur eux comme un orage qui ne cesse pas. Les Québécois sont engloutis sous des montagnes de messages. Alors comment voulez-vous qu’ils s’intéressent au passé et au futur, au rapatriement unilatéral de la Constitution ? Et on leur dit, de mille façons, que le temps n’est plus à nos problèmes nationaux, mais à la mondialisation. Nous ne sommes plus des êtres humains avec des sentiments, des angoisses, des espoirs, des souvenirs, nous sommes des clients, nous ne valons que par notre pouvoir de vente ou d’achat. Notre présent à nous, c’est le présent de la planète. Notre temps à nous, c’est le temps de la planète. Alors ce qui s’est passé chez nous en 1982, ce qui se passe actuellement n’a pas grande importance.
Mais je vois une autre raison beaucoup plus fondamentale à notre volonté d’oublier l’insultant, le méprisant, le dégradant rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. Une raison qui a rendu possible cet affront à un peuple et que cet affront une fois fait a encore contribué à rendre plus impérative. Cette raison qui fait que nous aimons mieux ne pas penser à cet épisode honteux de notre histoire, que nous ne voulons pas en parler, c’est que nous sommes profondément colonisés, colonisés dans notre esprit, dans notre mentalité, dans notre âme.
Il faut regarder la réalité en face. L’histoire a été pour nous une véritable entreprise de négation, une entreprise de démolition. Nous n’avons jamais été un peuple conquérant. Même sous le régime français, nous n’avions le goût de dominer qui que ce soit. Nous avions le goût du monde, des forêts, des peuples. Nous voulions rencontrer des gens, vivre avec eux, parcourir les immenses territoires du Saint-Laurent aux Rocheuses, cultiver nos terres dans la paix et la quiétude. Notre histoire n’était pas une Conquête, elle était, comme l’a dit Lionel Groulx, une « grande aventure ». Nous n’avons pas fait la Conquête de l’Ouest, comme les Américains. Nous vivions avec les autochtones, nous avons épousé leurs femmes, adopté certaines de leurs mœurs, de leurs habitudes. Et voilà qu’est venu un peuple qui ne rêvait que d’Empire, qui voulait s’emparer du commerce et des ressources naturelles, qui voulait tout contrôler, qui se reconnaissait une espèce de monopole universel, qui se croyait appelé par vocation à dominer le monde. Nous ne pouvions imaginer qu’existe un tel esprit de conquête.
La Conquête a mis fin à notre « aventure », à notre liberté, à nos rêves. Elle nous a forcés à nous soumettre aux volontés et aux ordres de l’autre. Nous nous sommes mis à exister par procuration, en n’osant que ce que l’autre nous permettait. Il a commencé par interdire ce qui constituait notre identité : la religion et la langue. Il y était allé tellement fort qu’il crut bon reculer quelque peu par la suite. Mais la stratégie était en place et elle allait persister, sous des modes différents. L’attitude maladive du Québécois actuel face à son identité catholique est un produit de l’histoire, elle est la marque douloureuse, néfaste de l’esprit colonisé. Il y a un anticléricalisme québécois, un anticatholicisme québécois qui n’est qu’une forme de négation de soi, de refus de soi. Le véritable adversaire de l’identité québécoise, ce n’est pas le clergé, ce n’est pas l’Église, c’est le conquérant, c’est Durham, c’est Trudeau, c’est Ottawa. Deux siècles et demi de domination nous ont démolis, nous ont habitués à nous mépriser, à nous nier nous-mêmes. À ne plus nous reconnaître, à ne plus savoir qui nous sommes.
Et à la négation, l’histoire a ajouté la confusion. Elle nous a entraînés dans un inextricable écheveau. Sommes-nous des Québécois ou des Canadiens français ? Nous avions fondé le Canada, en empruntant le mot aux autochtones. Et les conquérants se le sont approprié. Il a fallu nous appeler Canadiens français, et nous voilà pris dans le grand broyeur canadien. Il est clair que si nous persistons à dépendre de cette machine à assimiler, nous sommes condamnés à disparaître. Je parle des Québécois, du peuple québécois, des Canadiens français du Québec. Je sais bien qu’il y a au Québec des autochtones, des Canadiens anglais, des immigrants d’origine italienne, grecque… Ce sont tous des Québécois. En parlant des Québécois, on ne peut pas dire des Canadiens français, parce que des Canadiens français, il y en a dans le reste du Canada. Et des Québécois, il y en a qui ne sont pas Canadiens français. Les Québécois, ce sont les Canadiens français du Québec avec leurs minorités. Comme quand on dit les Français, cela comprend les Français et leurs minorités arabes, asiatiques…
Le peuple québécois doit faire son indépendance s’il veut durer, s’il veut vivre. S’il reste dans le Canada, il disparaîtra impitoyablement. Il sera avalé par le Canada.
Mais voilà. Les Québécois sont tellement affectés par toutes les blessures qu’ils ont reçues, ils sont tellement blessés par les affronts qu’ils ont reçus, qu’ils ont perdu confiance en eux-mêmes, qu’ils sont fatigués de se battre, qu’ils en viennent même à se mépriser. Les Québécois n’ont plus d’honneur, ils n’ont plus de fierté. Ils acceptent n’importe quelle insulte, n’importe quelle vexation. Ils sont habitués à encaisser. On peut les ridiculiser, leur mentir, les humilier, ils font comme si de rien n’était. « Y a rien là ». L’esprit colonisé ne peut plus se défendre. Il est épuisé, il a honte de lui-même.
Cette honte de soi de l’esprit colonisé, elle empoisonne notre vie. C’est parce que nous avons honte de nous-mêmes, parce que nous nous méprisons que nous tenons tellement à mal parler. Nous ne voulons pas qu’on nous prenne pour des gens bien, éduqués, bien mis. C’est pourquoi nous ajoutons par-ci par-là un sacre, un barbarisme, un solécisme. Il faut que ça paraisse. Nous ne sommes pas des gens bien ! Nous nous rachetons à l’occasion en ajoutant un mot anglais. Ça montre, confusément, que nous pouvons être du côté du plus fort, que tout n’est pas perdu !
Mais nous savons bien au fond que c’est grossier de sacrer, que c’est grossier de mal parler. Nous savons que nous nous conduisons de cette façon parce que nous nous méprisons, parce que nous n’avons pas de fierté, et nous en sommes malheureux. On nous fait croire que si nous affirmons notre identité, nous exacerbons les tensions et nous retranchons dans le repli sur nous-mêmes. Nous ne nous reconnaissons plus le droit d’exister. Nous n’avons plus d’identité, nous devenons un problème pour nous-mêmes et pour tout le monde. Alors mieux vaut garder le silence. La peste est dans la place. Essayons de ne pas y penser. Surtout n’en parlons pas. Le rapatriement unilatéral de la Constitution, il faut oublier ça. Toutes les raisons sont bonnes pour détourner le regard et la pensée des problèmes qui nous concernent. Vous vous rappelez l’histoire des « votes ethniques » ? Parizeau avait raison. Certains comtés votaient en bloc selon leur regroupement ethnique. Il ne fallait pas en parler. C’était être raciste que de regarder la réalité en face. Certains groupes ethniques votaient à 95 % dans le même sens. Les Canadiens français étaient partagés : 60 % – 40 %. Et c’étaient ces derniers qui étaient racistes.
C’est cela le « Pacte des temps de peste ». Et ce qui est hideux, c’est que des hommes politiques tablent sur ce pacte du silence. Dans la confusion souvent la plus répugnante. Un Mario Dumont incite les électeurs à se détourner de ces préoccupations autour du rapatriement de la Constitution au nom du changement, au nom du souci de l’avenir. Jean Charest faisait exactement le même jeu en ridiculisant l’idée du recours à un référendum. Toutes ces paroles vides ne tendaient qu’à consolider le « Pacte des temps de peste ». Il ne faut pas penser aux vrais problèmes, il ne faut surtout pas en parler, il faut détourner l’attention. Il faut raviver les craintes, entretenir les appréhensions, justifier les hésitations. Plusieurs de nos hommes politiques, des dernières années, depuis que le discours indépendantiste s’est exprimé publiquement, ont été d’une bassesse inqualifiable. Ils ont cultivé le sentiment d’insécurité des Québécois, ils ont accentué leur manque de confiance en eux-mêmes, ils ont tout fait pour les maintenir dans l’hésitation, dans l’indécision.
Sommes-nous condamnés à végéter indéfiniment avant de disparaître ? Est-il possible de sortir de ce bourbier ? Ma conviction est qu’il faut rompre le « Pacte des temps de peste ». Il est temps de regarder la réalité en face. Nos hommes politiques ne doivent pas se contenter d’être des gestionnaires. Ils doivent développer une vision politique. Nous n’avons pas été consultés en 1867. Le Canada, disait Esdras Minville, a été pour nous un traquenard. On s’est moqué de nous en 1982. On nous a envoyés promener au moment de Meech. Et l’imposture se répète tous les jours. Il faut mettre les Québécois devant la réalité. Il faut cesser de nous comporter en colonisés. Il ne s’agit pas de parler de l’indépendance, il s’agit de la faire tous les jours. Il faut rompre le silence, et avoir le courage de regarder la réalité en face. Rompre le « Pacte des temps de peste », c’est formuler un discours libre, authentique, autonome, sur le Québec. C’est dire la vérité toute entière, sans remords. Aura la confiance des Québécois l’homme politique qui leur dira la vérité, qui fera appel à leur sens de l’honneur.
=================================
Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Nous autres Québécois
Il faut rompre le
«Pacte des temps de peste»
Paul-Émile Roy
réactions de
René Marcel Sauvé
dimanche 15 juin, 2003 08:43
Pacte des temps de peste ou pas, nous avons notre État et nous avons fait du Québec notre foyer national, envers et contre la volonté de nos ennemis, envers et contre les innombrables trahisons velléitaires qui ont jalonné notre route envers et contre les coups bas portés sans arrêt par nos adversaires, qui n'ont rien d'autre que des expédients commodes à nous servir.
Ce que nous avons accompli est tout à notre honneur et dépasse les bassesses, les petitesses, les méchancetés et la malice de nos adversaires, qui se leurrent à notre sujet.
C'est pour l'honneur de notre nom que nous allons poursuivre et dépasser ces temps de peste qui nous accablent, nous obsèdent et d'une certaine manière, nous paralysent dans notre agir.
Ce qui nous reste à faire est simple pourtant (principe de simplicité, cardinal en stratégie):
1. Nous reconnaître pour ce que nous sommes, un peuple, une nation et un État. Personne ne le fera à notre place.
2. Nous faire reconnaître pour ce que nous sommes, un peuple, une nation et un État. Personne ne le fera à notre place.
3. Chasser Ottawa de notre territoire. Personne ne le fera à notre place.
Nous reviendrons sur nos principes de stratégie.
Bon dimanche à tous.
René Marcel Sauvé
================================
Québec un Pays | Accueil | Je me souviens | Gilles Rhéaume| Institutions Nationales | Émeutes au Québec en 1918 | Les Patriotes 1837-1838 | Les milliards $ | Les régions du Québec | Québec - International | Recherches sur ce site | Vous cherchez un emploi ? | Partis politiques du Québec | Québec un Pays rend hommage à | René Lévesque | Andrée Ferretti | Maurice Richard | Jacques Parizeau | Félix Leclerc | Gilles Vigneault | Rosaire Morin | Michel Chartrand et Simone Monet - Chartrand | Gaston Miron | Lionel Groulx | 22è Régiment | Charles De Gaulle | Louis Riel pendu | Raisons historiques, politiques, économiques, et sociologiques de faire l'indépendance du Québec | La question référendaire
Site actif depuis novembre 1998