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Chronique sur la petite histoire
des idées indépendantistes au Québec

Par Gilles Rhéaume
  Volume 1 no 1
 19 décembre 1999
 
 

L’origine du mot indépendantiste
ou la contribution québécoise
au dictionnaire de la langue française


Peu de gens connaissent un fait linguistique important.  Le nominatif  <<indépendance>> existe depuis fort longtemps.  Mais il n’y avait pas encore d’indépendantistes dans les dictionnaires avant qu’un Québécois, Raoul Roy n’invente ce néologisme au tout début des années soixante.

Raoul Roy  a fondé en 1960, l’Action socialiste pour l’indépendance du Québec. Il fut après Raymond Barbeau et son Alliance Laurentienne, parmi les authentiques pionniers du mouvement indépendantiste moderne.  Le Rassemblement pour l’indépendance nationale avec André D’Allemagne, Marcel Chaput et Pierre Bourgault est aussi lancé au même moment. Nous sommes à la toute fin des années cinquante (1957-1959). Au versant des années soixante.   Il n’y a pas 30 souverainistes ou indépendantistes déclarés.  Pas plus.  Aujourd’hui nous somes près de 2,600,000 si on compte toutes celles et ceux de plus de 16 ans au passage de l’an 2000. Que de chemin parcouru.  Que d’obstacles renversés dans l’adversité et souvent la persécution.  Au début, les indépendantistes étaient des marginaux, les PUNKS de l’époque.  Ils portaient un message nouveau jamais entendu :  Les QUÉBÉCOIS sont CAPABLES.  Ce n’était pas dans la rectitude politique de l’époque.  Pas du tout même.  Le peuple des porteurs d’eau et souvent hélas fier de l’être tellement le psyché de nos gens a été lessivé par une propagande séculaire qui sans cesse lui rappelait son état de sujétion. Cette époque est une époque héroïque dans tous les sens du mot.  Prenons le temps d’examiner les faits et gestes de cette période créatrice dont nous sommes les fiduciaires.

Lors d’un de ses nombreux voyages  à travers le monde, Raoul Roy  qui  fut marin, tout de suite après la guerre, se rendit à Porto Rico et il y a découvert les INDEPENDANTISTAS, les Porto-Ricains favorables à l’indépendance de leur pays.  Il a donc commencé à franciser ce mot castillan.  Il écrivait beaucoup. Plus dans l’ombre que les ténors, il publia une quinzaine de livres, un millier de revues et de journaux indépendantistes dont Jésus Guerrier de l’indépendance, chez Parti Pris de Gérald Godin et qui fut aussi traduit en italien.  En moins de 5 ans d’utilisation, cette acception d’indépendantiste au sens de militant politique oeuvrant à l’indépendance de son peuple fut introduite dans les dictionnaires de langue française.

La force des mots est inimaginable.  Cette petite anecdote révèle combien les petites choses sont importantes.  Rosaire Morin m’a répété mille fois la même chose :<<Les ruisseaux font des fleuves>>!

Il faut faire l’histoire du mouvement indépendantiste québécois.  Elle est riche et mouvementée. Elle est surtout porteuse de leçons sur notre peuple et aussi sur l’intransigeance d’Ottawa.  Cette chronique hebdomadaire reviendra sur les faits et gestes de la renaissance du mouvement indépendantiste moderne.

Il me fera plaisir de répondre aux questions.

Une fois par mois, un livre sur l’histoire du Québec sera offert gracieusement à l’auteur(e) d’une des questions. La question gagnante sera déterminée par le sort.

Merci à "Québec un pays" de m’accueillir aussi généreusement dans ses pages.

G R


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