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Berceau du Canada ?

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Berceau du Canada ?
par Robert Bertrand
2002/09/03

 

Berceau du Canada ?

À titre informatif, suite à de nombreux échanges avec des Canadians au cours de cet été, échanges bien clairs de la part d'un Québécois vivant à Québec et au Québec.  Les gens du Canada qui viennent visiter le Québec sont, dans ma perception, des gens qui vivent dans un Pays différent du Québec.  Un Pays qui est étranger pour un grand nombre de Québécois qui ne se reconnaissent pas Canadian.

Un Pays qui ne reconnaît pas le Québec ni comme Nation, ni comme Peuple, ni comme Pays différent.

Après avoir bien établi que le Canada se définit depuis quelques années seulement sous la responsabilité des Chrétiens, Dion, Cauchon et autres, comme Un seul Peuple et Une seule Nation, la question obligatoire qui s'ensuit, "Où suis-je, moi, Québécois qui me reconnaît dans Ma Nation Québécoise, dans mon Peuple Québécois ?"

Les Ontariens rencontrés, les Manitobains, les gens de Nouvelle-Écosse sont simplement ignorants de ce fait que le Québec et les Québécois sont ignorés par les symboles présentés officiellement comme Un Peuple et Une Nation au Canada. Ils ne conçoivent tout simplement pas que nous sommes une autre entité.  Ils ont la conviction que nous sommes comme eux...  que nous sommes Canadians, que nous sommes des leurs.

Comme si nous n'avions aucun porte-parole, hors Québec, qui leur ferait comprendre la réalité du Québec.  Savent-ils que nous sommes parlant français en terre d'Amérique.  Que nous sommes quelque 7 millions à le faire, sur un territoire qui est nôtre - le Québec - et que nous avons une Assemblée Nationale qui régit le bon fonctionnement de notre société Québécoise ?  Le message de cette différence ne passe pas nos frontières.  L'oeuvre de tous les médias d'information devient une cause première de cette ignorance concoctée et recherchée.  Qui servent-ils en ce faisant ?

Les gens du reste du Canada vivent dans leur propre bulle.  Ils vivent leurs rêves d'  UNE SEULE NATION,  UN SEUL PEUPLE, avec  UN SEUL GOUVERNEMENT, celui dont ils ont le contrôle :  le Gouvernement du Canada.

Le Gouvernement du Québec n'a pas plus d'importance, à leurs yeux, que l'un ou l'autre des Gouvernements de l'une ou l'autre des Provinces du Canada.

Comment donc leur faire comprendre que le Québec n'a pas commencé avec le Canada de 1867 ?

Les Fêtes du 400 ième Anniversaire de la fondation du Québec devraient leur permettre de s'ouvrir les yeux.  Rien n'est moins certain puisque le Canada parlant de l'Odyssée du Canada, commencerait il y a quatre-cents ans !

Il nous faut donc montrer et parler de notre existence, de façon très
claire, depuis quatre cents ans et leur mettre sous le nez, l'existence du
Canada depuis 1867.  Leur démontrer que ce n'est pas le Canada qui nous a fait comme nous sommes, que les quelque 60,000 québécois de 1760 se sont multipliés pour devenir quelque 5 millions vers 1900.

On ne comprend pas que le Québécois ne se voit pas dans cette Nation et dans ce Peuple du Canada.  Ils doivent découvrir que nous existions avant 1867 !

Pourtant, ils constatent et voient la différence dans la culture et la vie
du Québécois.  C'est une découverte sinon un constat que nous sommes vraiment différents dans notre façon d'être, de pensée, de vivre et de vouloir vivre.

En échangeant avec ces visiteurs, ils veulent bien que les choses
s'arrangent mais ne veulent pas perdre de ce qu'ils s'imaginent être : des Canadians d'une mer à l'autre.

Un de me dire :  Le Canada se définit comme étant différent des États-Unis.  Le Canada n'agresse pas les autres Pays comme le ferait les États-Unis.  Le Canada n'est pas un "melting pot".  Le Canada reconnaît le multiculturalisme.  On s'imagine que nous sommes intégrés dans ce multiculturalisme.

Nous étions là 300 ans avant la création du Canada de 1867 et ils se croient autorisés à parler comme si tout a été fait par et grâce au Canada.  Nous étions ce que nous sommes avant même l'existence du Canada.  C'est un peu leur faire bien savoir que nous étions quelqu'un avant leur propre existence !  Tous comme les Amérindiens existaient avant nous et que nous reconnaissons leur entités propres à chacune des Nations Amérindiennes sur le territoire du Québec.

Si le Canada a une "culture", c'est celle qui proviendrait du Québec surtout parce qu'elle marque la différence du Canada avec les États-Unis.  En fait, le Canada, comment définit-il « sa » culture ?

Pour eux, le Canada est une entité géographique : d'une mer à l'autre.  Ce beau grand Pays.  On élargit les bras pour montrer tellement c'est grand. Un beau et grand Pays qui ne reconnaît pas "ses" Nations, "ses" Peuples !

On ne perçoit pas le Québec comme étant différent des autres.

Du "haut" de leur connaissance, ils gèrent le multiculturalisme de ce grand Pays.  Les francophones ne seraient qu'un élément de ce multiculturalisme.

La "culture" du Canada, suivant ce que j'ai pu percevoir à la suite de mes nombreuses discussions, ce serait celle du Québec qu'ils s'approprient faute de mieux.  Ils veulent se montrer différents des États-Unis, par conséquent, le Québec devient une bouée généreuse et garnie de différences d'avec les États-Unis.

Nous, on le sait :  on est venu chercher le mot "Canada" pour ensuite venir chercher "notre" hymne National que nous, nous ne consommons plus.  Ils l'ont traduit pour l'organiser à leur façon et ils en sont fiers alors que nous, cela ne veut plus rien dire.  Ils ne savent pas ou feignent de ne pas savoir que l'hymne en question diffère en anglais et en français.  Ils ne savent pas que l'hymne en question aurait été composé par un Québécois.

Les athlètes olympiques : ils reconnaissent que le Québec en produit un très grand nombre et que le Canada se les approprie.  Ils s'en font une gloriole.  On les Canadianise en évitant de dire qu'ils sont Québécois.  À leurs yeux, ils sont des leurs.  Leur inconscient reconnaît qu'ils sont du Québec mais pour les besoins du grand Pays, ils sont des Canadians.  En quelque sorte, on falsifie les faits pour se donner une certaine prestance, pour se donner une certaine grandeur, pour se donner une certaine valeur !

Pour eux, le Québec est une source qui leur permet de se dire Canadian, pour se démarquer de ce que sont les Américains.

En conséquence, comment pourraient-ils imaginer que le Québec se séparerait ?  Ce serait perdre leur raison d'être, leur raison d'être différents des Américains.

Pour eux, le Québec serait le "berceau", pour ainsi dire du Canada.  On ne peut se défaire du berceau.

Bref, selon ma compréhension, la Nation et le Pays du Canada, ce serait la Nation et le Pays du Québec d'une mer à l'autre sous le nom du Canada.  Il ne faut surtout pas reconnaître le Québec comme étant différent parce qu'il n'y aurait plus de contenu pour ce « beau et grand Canada ! »

C'est la perception que j'ai de tous mes dialogues et échanges au cours de cet été, dans mon Couette & Café À la Québécoise.

En quelque sorte, la culture canadian est celle qu'on s'approprie au Québec en soulignant la renommée Canadian de tous nos artistes, de tous nos athlètes, de toutes les réussites des Québécois qui sont, dans leur imaginaire collectif, de bons Canadians.

On ne peut pas empêcher un coeur d'aimer.  Alors ils nous aiment parce qu'on leur donne une raison d'être différents des Américains.  Ils ont besoin qu'on soit là, parmi eux, avec eux.  On est des leurs !

Quand certains nous parlent d'ambiguïtés de tous nos propos, de toutes nos démarches, de toutes nos réflexions, on doit bien le dire, il y a de quoi à nous virer à l'envers.

Dans de telles circonstances, comment concevoir le Québec d'une mer à l'autre ?  L'avez-vous déjà imaginer ?

Comment les empêcher de s'approprier toutes nos réussites ?

Ils s'approprient tout ce qui est bien et bon et original provenant du
Québec et s'enorgueillissent en parlant de réalisation du Canada.  C'est de la fausse représentation.  C'est fondamentalement de l'usurpation.

Mieux comprendre nos adversaires pour mieux savoir comment agir.

Un autre thème que j'exploite avec mes interlocuteurs : non le moindre. Quand on est un Pays, comme le Canada l'est, et que le Québec se trouve qu' une Province dans ce Pays, on contrôle les banques, on fait les lois pour contrôler les banques.  En d'autres termes,  on contrôle les finances du Pays en question : le Canada.

Toutes les sommes d'argent placées dans les Banques à charte du Canada, du Pays qui nous est étranger, comme la CIBC, la Toronto-Dominion, la Royale, la Canadienne-Nationale, la Nouvelle-Écosse, la Banque de Montréal et les autres, toutes les sommes d'argent que les Québécois et Québécoises placent dans les banques dites _canadians_  où vont-elles les sommes d'argent ainsi
placées dans les Banques à charte situées en territoire du Québec ?

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/LES-MILLIARDS-DE-DOLLARS.html

Ces sommes d'argent sont directement transférées par l'utilisation de l'ordinateur, aux sièges sociaux de ces banques à charte du Canada, sièges sociaux qui sont situés à Toronto.  Qui administre ces sommes d'argent provenant de sources québécoises ?  Ce sont les financiers de Toronto qui possèdent la vraie cagnotte du Québec qui s'évalue à plus ou moins trois cent milliards de dollars qu'ils savent investir avant tout à l'avantage du Canada, pour la réussite du Canada.

Le Québec ne reçoit que les miettes.  Suivant l'étude de Rosaire Morin, de regretté mémoire, voir la page sur notre site qui présente plusieurs aspects de ce problème, le Canada par l'intermédiaire des financiers de Toronto, investiraient qu'environ 15% des sommes provenant des Québécois et Québécoises.

Nos interlocuteurs osent à peine croire que c'est chose possible.  Au pire, ils peuvent reconnaître que nous avons subis des pertes financières. mais ce serait de notre faute puisque les lois le permettent.   Dans le meilleur des mondes, il faudrait accepter de changer les lois, mais ils les "canadians" sont la majorité.  Ils se servent et pourquoi ne le feraient-ils pas ?  Le système des lois "canadians" les favorisent.  Ils sont la majorité !

Il faut donc de bons arguments pour faire avancer notre cause.  Le seul moyen de s'en sortir, c'est de créer son propre Pays.  Un Pays contrôle ses banques.

Un autre de me dire :  il faut trouver une solution pour sortir
gagnant/gagnant de part et d'autres.  Ils sont les grands bénéficiaires de toutes nos tergiversations ou de notre manque de décision pour la mise en place de « notre » propre Pays du Québec.  Il faut trouver une solution pour ne pas qu'ils soient en état de perdre cet argent dont ils ont le contrôle.  Il faudrait convaincre les financiers de Toronto d'investir les sommes d'argent au pro-rata de la provenance des fonds venant de chacune des «provinces » de ce Canada.

Dans leur perspective, c'est le Canada en entier qui doit gagner.  Vous
pouvez imaginer le Québec hors le Canada ?  Le Québec indépendant, c'est bien cela : le Québec hors le Canada.

La décision appartient aux Québécois.

Voudraient-ils d'un Québec-Canada d'une mer à l'autre ?  Quel concept faudrait-il donc inventer ?  Je ne les perçois pas capables d'accepter que le mot Québec puisse apparaître dans le décor.  Faudrait-il prendre à notre charge le Canada, le faire « nôtre » ?  Cela me semble utopique.  La vie nous a déjà montré que les idées utopiques d'un temps deviennent réalité dans un autre temps.

L'an passé, j'ai reçu, disons, environ 10 ou 15 personnes venant de
l'Ontario, de l'Ouest et des Maritimes.  Cette année, je dirais, près d'une centaine.  Mon discours est toujours le même.  Je note, cependant, le discours de mes interlocuteurs.

Le travail que l'on réalise, comme Québécois et Québécoises, les succès que nous avons dans tous les domaines, je le compare avec les Noirs Américains, qui, pour réussir aux États-Unis, ont dû être bons, très bons, sinon les meilleurs dans leur Pays.

Les Québécois, nous réussissons, en dépit de toutes les contraintes que nous font subir les responsables politiques et financiers du Pays qui nous est étranger.

Nos succès économiques sont évidents en dépit du fait que nos sommes d'argent sont contrôlées en très grande partie par des responsables du Pays qui nous est étranger.  Ce n'est pas peu dire autant de réussite en dépit du fait que les contrôles étrangers nous sont défavorables.  S'il fallait rapatrier le contrôle des banques en étant un Pays, quelle force aurions nous ?

Simplement dix milliards en investissements par année pendant 20 ans.  Avec ce retour d'argent, cela ferait du Québec un Pays à l'avant-garde sur le Continent nord-américain.  On créerait de l'emploi, et de bons emplois pour nos jeunes sortis des CÉGEPS et de nos UNIVERSITÉS.

Les succès internationaux s'additionneraient sans aucun doute avec la
reconnaissance financière et notre vouloir pacifique dans les arrangements internationaux.

Le Québec, Pays, ce sont les Ambassades de tous les Pays du monde qui viendraient s'établir, soit dans la Capitale Nationale du Pays du Québec ou à Montréal, ce seraient les consulats de plusieurs Pays qui y viendraient également.  Des emplois de qualité en plus du contrôle de nos propres sommes d'argent qui nous appartiennent et dont les autres profitent en attendant que nous nous décidions.

Ce que je transmets c'est un constat des discussions, des échanges au cours de cet été bien achalandé.  Personne ne demeure indifférent à la suite des propos tenus.  Des surprises, certes.

Je vous livre donc le vécu de cet été qui s'achève avec la reprise des cours et la fin des vacances pour tout le monde.  Dans mon cas, je me donnerai des vacances.... après les autres...

Je ne parlais pas avec des politiciens ou des participants à des groupes de discussions.  Je parlais avec des personnes qui vivent dans ce Pays qui nous est étranger et que je répète à satiété.

Je ne fais pas partie de ce Canada qui ne me reconnaît pas, qui ne m'accepte pas comme je suis.   Ce Pays du Canada qui n'a qu'UNE NATION et qu'UN PEUPLE.  Je ne suis pas de cette Nation, je ne suis pas de ce Peuple.  Je suis trop fier de ce que je suis pour qu'on puisse, un seul instant, imaginer que je fais partie de cette entité qui ne me reconnaît pas dans ce que j'ai de plus fondamental :  Ma Nation Québécoise, Mon Peuple du Québec.

Et c'est de là que tout le processus d'identification à la Canadian prend forme et se déroule suivant le ou les modèles que je vous présente ci-haut.

L'aspect politique qui nous régit est tout à fait différent du vécu des gens ordinaires que j'ai pu rencontrer jusqu'à présent.

Nous en sommes là, dans ce cheminement sans antagonismes.

Trouver une solution gagnant/gagnant.  Est-ce la quadrature du cercle ?

Ne faudrait-il pas faire la démonstration qu'il y va de l'intérêt des deux Nations, des deux Peuples de s'accepter, de se reconnaître et de vivre côte à côte ?

C'est l'essence même de notre débat.

Robert Bertrand
Québec un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/
2002/09/03
 
 

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