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Adieu à
André D'Allemagne

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Plusieurs acteurs de la politique
à la cérémonie d'adieu à
André D'Allemagne.
par Lia Levesque
MONTRÉAL (PC) - Les amis, confrères et admirateurs d'André D'Allemagne, dont plusieurs sont aujourd'hui des personnalités publiques, ont accompagné sa famille dans une cérémonie d'adieu, mardi, qui a permis de se remémorer tant l'homme que le penseur politique.

Parmi ces personnalités, on a pu voir ou entendre les hommes politiques Jacques Parizeau, Bernard Landry, Gilles Duceppe, Denis Lazure, Jean Garon, Serge Ménard et Richard Guay, de même que les anciens syndicalistes Gérald Larose et Fernand Daoust.

André D'Allemagne fut l'un des premiers concepteurs du projet d'indépendance du Québec, dans les années soixante, et c'est ce que plusieurs se sont attardés à souligner, dans leurs commentaires.

Parmi eux, l'ancien premier ministre Jacques Parizeau: "Ça a été le premier penseur, le premier théoricien de l'indépendance du Québec, pas nécessairement le pionnier", un rôle que d'autres, comme Marcel Chaput, ont davantage joué, a-t-il commenté. André D'Allemagne a néanmoins "joué un rôle important dans l'histoire de l'idée d'indépendance", a relevé M. Parizeau.

Le vice-premier ministre du Québec Bernard Landry a profité de la tribune qui lui était offerte pour refaire une profession de foi en faveur de la souveraineté du Québec, rappelant qu'elle était passée "de la marginalité à la presque majorité" et bientôt, souhaite-t-il, la majorité. "André nous donne un avertissement . . . il faut arriver où nous devons arriver . . . Décidez-vous, on n'a pas l'éternité pour la faire", s'est exclamé M. Landry.

M. Landry, qui se présente déjà comme le successeur du premier ministre Lucien Bouchard, affirme qu'"aucun leader souverainiste n'a eu sur ses épaules le poids qui est le mien. Je ne suis pas convoqué à faire avancer la cause, je suis convoqué à la faire triompher".

Le premier ministre Lucien Bouchard, qui était absent, revenant d'un voyage en Europe, a fait parvenir un télégramme, déplorant le fait que "le Québec perde aujourd'hui un de ses grands penseurs" et soulignant que "sa fierté d'être Québécois" lui survivra.

Le ministre de la Sécurité publique Serge Ménard, cousin par alliance d'André D'Allemagne, nous a fait parcourir le chemin politique d'André D'Allemagne dans les années soixante.

D'Allemagne a fondé le Rassemblement pour l'indépendance nationale en 1960, avec une quinzaine d'indépendantistes, dont Marcel Chaput et Pierre Bourgault. Il "nous montrait que le nationalisme pouvait être une force de progrès" après des années dominées par un État clérical aux valeurs conservatrices, se remémorait Me Ménard. "André D'Allemagne a donné au nationalisme et à l'idée d'indépendance leur caractère moderne", a conclu le ministre Ménard.

André D'Allemagne "ne croyait pas en l'au-delà" et c'est pourquoi il a voulu une cérémonie civile, a tenu à préciser franchement Me Ménard. La cérémonie d'adieu avait d'ailleurs lieu à la Maison Ludger-Duvernay, du nom du fondateur de la Société St-Jean-Baptiste, a noté son président (pour la section montréalaise) Guy Bouthillier.

Les enfants d'André D'Allemagne, Nicolas, Catherine et Anne, ont brièvement pris la parole, relevant plutôt ses qualités de père, raconteur, chanteur, chasseur, pédagogue. Il laisse aussi dans le deuil son épouse Viviane Racette.

André D'Allemagne est décédé le 1er février d'un cancer, à l'âge de 71 ans, à Montréal.

© La Presse Canadienne, 2001

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Le pouvoir détonnant
de la pensée et de l’action
d’André d’Allemagne
par Madame Andrée Ferretti
L’Action nationale,
vol. 91, no 3, mars 2001, pp. 46-50.

Le 1er février 2001, André d’Allemagne, le fondateur et l’idéologue du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), n’est plus. Andrée Ferretti lui rend ici un hommage mérité.
En cinq ans de militantisme quotidien dans le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), je n’ai eu au cours de l’existence du mouvement que deux ou trois fois la chance d’une rencontre personnelle avec André d’Allemagne et, beaucoup plus tard dans les années 80, celle d’être reçue chez lui, un midi, pour un repas intime et quelques mois plus tard, de le recevoir chez moi pour une partie de chasse au petit gibier.

(...)

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« André d’Allemagne nous aura appris, dès 1960, que le Québec était possible, »
Guy Bouthillier,
SSJB, Montréal,
le jeudi 1 février 2001

 La Société Saint-Jean-Baptiste a appris avec tristesse le décès d’André d’Allemagne. Monsieur Guy Bouthillier,  président de la SSJB, a fait la déclaration suivante :

« Il nous aura appris, à nous qui avions 20 ans en 1960, que le Québec était possible et qu’il avait sa place parmi les autres peuples de la Terre.

Nous venons à peine de fêter avec lui le 40e anniversaire du RIN dont a été le premier président que nous apprenons aujourd’hui sa disparition.

Nous qui sommes ses amis et ses admirateurs, faisons-lui la promesse ( que nous faisons chaque fois que l’un d’entre nous nous quitte) de redoubler d’ardeur et d’atteindre bientôt le but qu’il nous a montré dans la lumineuse clarté de son intelligence des hommes et des choses. »

Guy Bouthillier
Président, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

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Ce que le Québec doit à André d’Allemagne
Gilles Rhéaume

Un autre des quelques pionniers de la renaissance moderne du mouvement indépendantiste québécois vient de s’éteindre à Montréal.

Après les Marcel Chaput, les Raymond Barbeau et les Raoul Roy, c’est au tour d’André d’Allemagne de nous quitter lui aussi sans avoir vu l’indépendance du Québec se réaliser.  Il restera à jamais parmi les plus articulés et les plus rigoureux de cette poignée d’intellectuels et de jeunes loups qui, il y a une quarantaine d’années à peine, ont tout fait pour que le peuple Québécois se lève et fasse de sa terre un pays libre et français.

Monsieur d’Allemagne était un penseur de haut niveau.  Professeur, chercheur, analyste  et écrivain, le premier président du RIN aura marqué profondément et dès son éclosion la démarche de libération nationale du peuple québécois. Sa réflexion est l’œuvre d’un observateur attentif et intéressé, curieux, ouvert et audacieux.  Ses écrits sont le témoignage de la hauteur , de la largeur et de la profondeur de son articulation conceptuelle. L’argumentaire de l’indépendance du Québec, qu’il nous lègue par sa pensée et ses textes, ennoblira pour longtemps encore le terroir de la philosophie de la libération des peuples.

J’ai eu l’honneur et le plaisir de siéger avec lui à la Commission politique du Parti indépendantiste autour de 1985.  Son souci de bien ancrer l’action politique dans le sillon de l’objectif final était remarquable tout comme sa conviction de la nécessité de rassembler les troupes afin de poursuivre et d’achever le combat québécois.  La finesse de son esprit achevait de séduire les plus exigeants.  Un homme charmant aux idées claires et précises.

Le Québec du Troisième Millénaire ne serait pas rendu où il est maintenant sans le travail acharné de ces éclaireurs, de ces fonceurs, de ces animateurs, de ces penseurs, de ces acteurs et aussi de ces agitateurs qui ont conquis toute un génération à une époque que certains parmi les plus autorisés ont comparé au Moyen Âge…

André d‘Allemagne a servi brillamment la cause du Québec alors que l’air temps était non seulement contraire au réveil québécois aussi mais bien campé dans un traditionalisme décadent.  Il en fallu de l’audace, de cette audace fameuse de Danton selon laquelle rien ne bouge si l’on n’ose pas.  Ces pionniers ont osé. Ils ont vaincu la peur et l’ostracisme.  Toutes les institutions du Canada-Français étaient hostiles voire réfractaires au projet québécois.  Patiemment  d’Allemagne et les autres remettaient l’épaule à la roue pour que les Québécois prennent leur place dans le monde.

À l’aurore de la reprise du combat indépendantiste qui s’annonce, il est bon de se rappeler de l’œuvre combien courageuse de ces quelques-uns d’hier qui, sans attente et sans intérêt personnel autre que celui de posséder un pays bien à soi, n’ont rien négligé pour que tout un peuple s’approprie les pouvoirs qui lui ont été violemment retirés au XVIIIe siècle.

André d’Allemagne est entré dans  l’histoire de cette nation.  Il en a composé quelques pages parmi les plus lumineuses et les plus créatrices, parmi les plus porteuses et les plus fécondes.  Sa pensée traverse déjà son époque.

Au jour de l’indépendance du Québec, le nom de ce grand militant trouvera la place qui lui revient de droit et de fait parmi les héros modernes de la patrie enfin libérée.

 
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